Merde à la déprime

Jacques Séguéla, publicitaire.


Voici un peu moins de 10 ans, je publiais ce titre prémonitoire. Je cite le sondage du moment : 82% des Français se déclaraient heureux mais, comble du paradoxe, ils étaient 72% à penser que leurs voisins étaient malheureux. Heureux temps, nous avions le bonheur égoïste et le jugement pessimiste. Hélas, ma mise en garde s’avère mise en réalité.


Dans l’entre-temps, la France a sombré dans ce « mal à la France » qui la hante aujourd’hui. Les sondages se sont inversés : 70% de nos compatriotes se plaignent, à raison, du mal vivre qui les assaille, comme si le Covid, se mourant peu à peu, nous avait laissé en héritage une autre épidémie, sociale et sociologique : celle de craindre le pire.


À l’économie revenue et la liberté retrouvée, nos politiques en campagnes plutôt que geindre contre le gouvernement devraient répondre en s’attelant à notre guérison. En parallèle, à chacun de nous de lutter à sa manière en saisissant toutes les occasions de retrouver le moral. Et justement, dans Festival il y a festif. que donc nos festivals aux quatre coins de la France célèbrent la joie de vivre, quel que soit leur domaine : culturel, cinématographique, photographique, théâtral ou autre.


Les crises sèment le doute, leur sortie se doivent de prôner l’espoir. Quittons cette ronde endeuillée de la peur pour celle endiablée de la fête, fourmillons d’idées festives. Au feu cette paralysie de l’envie de vivre, cultivons nos éclats de voix, nos éclats de rire, nos éclats de vie. Que nos artistes, de tous bords, soient créateurs de joie. La joie est un virus salvateur et transmissible à contagion immédiate : Les optimistes ont inventé l’avion, les pessimistes le parachute.


Restons dans l’avion !