La rencontre du mois avec Matthias Dandois

Le FISE, ça vous parle ? Il s’agit du festival international des sports extrêmes… Eh oui, on diversifie encore les thématiques abordées dans ce numéro ! C’est un festival qui a lieu chaque année à Montpellier et dont l’édition 2021 s’est achevée la semaine dernière. Si je suis attentive à ce festival, c’est car j’ai animé il y a quelques années une émission sur le FISE pour SFR et que j’y ai fait de nombreuses rencontres. Notamment avec Matthias Dandois : neuf fois champion du monde de BMX FLAT. Rien que ça ! Je l’ai rencontré en 2015 et j’ai toujours suivi l’évolution de sa carrière. Aujourd’hui, je vous propose de partir à sa rencontre pour découvrir un peu les coulisses d’un festival de sport. En selle !




Sandra Lou : Ta première victoire au FISE était en 2008, te souviens-tu de cette sensation particulière quand tu as foulé la poussière du FISE? D'ailleurs était-ce ta première fois là-bas ou y étais-tu allé plus jeune en tant que simple festivalier ?

Matthias Dandois : Effectivement ma première victoire au FISE était en 2008, mais j’y étais déjà allé en tant qu’amateur en 2004-2005 et 2006.

C'était fou pour moi de gagner le FISE, il y avait tous les meilleurs pro qui y étaient et le fait de remporter le titre en 2008 ça m’a réellement fait réaliser que je pouvais devenir pro moi aussi et que j’étais vraiment à un tournant de ma carrière.


SL : Tu as souvent dit que le FISE de Montpellier était le meilleur public du monde, pourtant tu as participé à des tas de festivals sur la planète. D'après toi c'est du chauvinisme ou le fait que tu sois l'enfant du pays y est pour quelque chose ? Pour l'avoir vécu de l'intérieur avec toi il y a quelques années, les gens t'y attendent toujours comme le messie, c'est assez impressionnant à voir…

MD : C’est sûr que Montpellier est le meilleur public au monde, de loin. Déjà le FISE, c’est 600 000 spectateurs sur 5 jours, c’est le 3e plus gros événement français après le tour de France et le Vendée Globe. Ce festival, c’est vraiment une ambiance qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. La finale de BMX Flat se déroule devant 10 000 personnes le dimanche sur les berges du Lez. C’est vraiment une ambiance comme il n’y a nulle part ailleurs, en tout cas, que moi je n’ai jamais retrouvé nulle part ailleurs… et c’est pour toutes ces raisons que j’aime tellement ce festival.


SL : Matthias, on se connait depuis pas mal d'années, je sais que tu adores faire des tatouages partout où tu passes dans le monde, tatouages qui font sens et parfois moins tu m'avais dit... Mais du coup sur ta peau, as-tu des tatouages en référence au FISE ou d'autres festivals que tu aurais pu faire (pas forcément de sports extrêmes d'ailleurs) ?

MD : Ah ah, oui c’est vrai qu’il y a des tatouages pas trop pensés, c’est surtout des blagues, mais je les adore tous. Ce sont des tatouages qui sont en rapport avec des moments de ma vie, qui sont importants donc je n’en regrette vraiment aucun. C’est vrai que je n’ai pas de tatouage en rapport avec le FISE. En revanche, j’en ai fait pas mal en rapport avec le Japon, c’est un endroit où je suis beaucoup allé et où le tattoo est un peu tabou là-bas.

Donc ça me faisait rigoler de me faire tatouer au Japon. D’ailleurs je m’y suis fait tatouer par un Yakuza sur l’avant bras après une compétition, le Flat Arc à Kobe, ça me rappelle de bons souvenirs là-bas.


SL : Sur le FISE tu as aussi une vie de festivalier ? Tu restes sur place plusieurs jours, du coup tu vis les coulisses de quelle façon ? Tu vas voir les compètes de tes potes aussi ?

MD : Ouh la… ça a beaucoup évolué tout au long de ma carrière ! C’est vrai que jusqu’à 25 ans j’allais aussi sur ce festival pour faire la fête, du coup je faisais la compète parfois dans des états approximatifs (sourire). Mais je t’avoue que passé 26-27 ans, maintenant je fais vachement plus gaffe, je me focus vraiment sur la compétition. Bien sûr, je vais toujours voir mes potes qui rident et ça ne m’empêche pas d’aller boire des petits “Perrier” en soirée maintenant… (rires)


SL : S'il y avait une chose à améliorer selon toi sur ce type de festival, ce serait quoi ?

MD : Honnêtement je pense qu’il va falloir améliorer la proximité avec le public à cause de la pandémie. Après, j’avoue qu’on n’a pas encore eu d'événements avec énormément de monde pour le moment.

C’est vrai que le FISE est un festival où on est vachement proche du public… Il y a beaucoup de gens qui nous touchent ou qui veulent des photos, donc c’est pas très covid-friendly tout ça ! J’imagine qu’il va falloir trouver des solutions, mais bon, on verra comment ça évolue (sourire).


SL : Après la poussière du FISE tu as troqué tes vans pour des mocassins et le tapis rouge du festival de Cannes en 2018 pour défendre MILF, film dans lequel tu tenais un des rôles titres. Allez, sans langue de bois, raconte-nous une anecdote ;)

MD : C’est vrai que j’ai eu la chance de tourner dans MILF d’Axelle Laffont. Petite anecdote : je me suis réveillé le matin du premier jour de shoot, (je rappelle que c’était mon premier film), avec une énorme infection dans le pied, donc je ne pouvais plus marcher. Du coup, on est allé à l’hôpital le soir même où j’ai passé une semaine sous antibiotiques, ils pensaient devoir m’opérer pour enlever l’infection. Donc, j’ai retardé le film à moi tout seul de 3-4 jours, ce qui coûte énormément d’argent… Ben, je peux te dire que quand je suis revenu après sur le tournage, c’était le pire “walk of shame” de toute ma vie quoi… c’était compliqué !


SL : Tu rêverais de participer à quel festival ?

MD : Mon plus grand rêve ce serait de participer aux J.O en 2024, ça ce serait un grand festival pour moi, ah ah !!


SL : Tu es inarrêtable, toujours des projets, la créa fait partie de ta vie... tu n’as jamais songé à créer ton propre festival...avec d'autres sportifs peut-être ?

MD : J’ai créé ma propre compète à Marseille, qu’on a faite pendant 3 ans avec SOSH à la “Free Style Cup”, c’était comme mon festival en quelque sorte (sourire).

Et là je suis en train de bosser sur un événement qu’on ferait à Paris. On attend que la situation sanitaire s’améliore mais c’est promis, on va dropper plein de news bientôt.


SL : Quel est le prochain festival sur lequel on va pouvoir te retrouver ?

MD : Alors justement là je viens d’arriver en Allemagne pour les championnats d’Europe à Dortmund, c’est dans les trois prochains jours et après à Montpellier avec le FISE vers les championnats du monde du 6 au 8 juin. Donc, deux grosses étapes...il me tarde de revoir tous les copains que je n’ai pas vu depuis un an et demi et bientôt le public!


Depuis notre interview, Matthias a été sacré champion d’Europe de BMX Flat aux championnats d’Europe de Dortmund et champion du monde pour la neuvième fois au FISE. Bravo à toi champion !