Bien Urbain : les artistes se tapent l'affiche

Jan Vormann, Stephen Powers ou encore Jeroen Erosie ça vous parle ? Si oui Bien Urbain est le festival qui est fait pour vous et si non... aussi ! Bien Urbain c’est le festival qui transforme la ville de Besançon en lieu d’expression pour tous, en invitant des artistes du monde entier et en sensibilisant les visiteurs à la création dans l’espace public.

Cette année c’est son dixième anniversaire et pour marquer le coup il fallait une affiche à la hauteur de l’événement. Pour ça, l’association Juste Ici, à l’initiative du festival, a fait appel non pas à un mais bien à deux artistes de la “famille Bien Urbain”.



Construction monumentale participative en cartons – Olivier Grosstête, juillet 2018, Bien Urbain 8 Crédits photo : Élisa Murcia-Artengo
Construction participative en cartons – Olivier Grosstête, juillet 2018, Bien Urbain. Crédits photo : Élisa Murcia-Artengo

Ça y est le soleil est de retour, on sert les premiers verres en terrasse et on commence à réfléchir à ce qu’on va faire de nos journées d’été. Les longs mois passés en jogging devant un écran à demander à Michel ou Sophie de désactiver leurs micros, nous ont donné envie de nous déconnecter (littéralement) et de (re)découvrir l’espace extérieur. C’est à ce niveau de nos réflexions philosophiques (et un peu par hasard), que nous sommes tombés sur l’affiche de Bien Urbain, un événement qui a lieu tous les ans à Besançon et qui souhaite sensibiliser ses visiteurs à l’art dans l’espace public.



L’affiche de l’édition 2021 de Bien Urbain par Jeroen Erosie et Vincent Jacquin
L’affiche de l’édition 2021 de Bien Urbain par Jeroen Erosie et Vincent Jacquin

Des couleurs et des formes. Lorsque l’on regarde pour la première fois l’affiche, on alterne entre compréhension et doute. On reconnaît une lettre, une forme, une structure. On a l’impression de tenir une information, puis on se perd et on cherche à s’accrocher à une nouvelle silhouette. Vincent Jacquin, membre de l’atelier Superseñor et co-auteur de l’affiche ne s’en cache pas : “Je n’avais pas forcément envie de raconter quelque chose de façon très narrative mais plus d’associer différents éléments qui racontent quelque chose - des lettres, des éléments d’architecture - et de voir ce que ça donnait. J’avais des pistes de ce que je voulais mais j’étais incapable de dire ce que ça allait donner.” Cette approche est rendue possible par la bibliothèque d’images fournies par Jeroen Erosie, l’autre auteur de l’affiche. Présent au festival en 2013, l’artiste néerlandais se cache derrière les différentes formes de l’affiche et ce n’est pas Vincent qui va s’en plaindre : “j’apprécie vraiment son travail et sa démarche qui est assez proche de la mienne, du coup la collaboration s’est faite assez naturellement”.


Naturellement ? Oui, comme vous, on s’est posé la question de la gestion d’ego des artistes mais Chloé Cura, chargée de communication de l’association Juste Ici a coupé court à nos interrogations : “dès le début Erosie nous a proposé cette bibliothèque de formes et Vincent a ensuite choisi les couleurs, fait des compositions et tout s’est fait de façon très naturelle, il n’y avait pas de guerre d’ego mais plutôt une confiance et un respect mutuel”. Un respect mutuel certes, mais surtout un réel travail collaboratif car si Vincent est lui-même artiste-muraliste, c’est surtout sa casquette de graphiste qu’il a endossé pour le projet car “quand on bosse sur la création d’un festival, il faut réfléchir déclinaisons. Si on commande un visuel à un artiste, il va te faire un truc magnifique mais derrière ce sera difficile de le décliner”. Effectivement on peut avoir tendance à l’oublier. L’affiche reste certes un souvenir impérissable mais l’affiche annonce avant tout le ton et la couleur d’un festival dans son ensemble. Annonces, flyers, signalétique, photos de profil et même affiches sérigraphiées, c'est tout un festival qui s’habille des formes d’Erosie et de la construction et des couleurs de Vincent. Alors dans un festival comme Bien Urbain, où chaque année ce sont les artistes qui annoncent le ton et la couleur, ce n’est peut-être pas anodin que ce soient eux qui se tapent l’affiche.



 

Retrouvez le travail de Vincent Jacquin sur son site internet et sur son compte Instagram.

Si vous passez par Besançon entre le 3 et le 20 juin, n’hésitez surtout pas à passer voir nos amis de Bien Urbain, vous y serez bien accueillis !