AVIGNON_edited.jpg

Le OFF ou les prémices d’un monde parallèle

S’il est un festival "Star", c’est le festival d’Avignon, par son IN et son OFF. Un incontournable estival qui mérite son statut d’icône.

 

Le OFF du festival d’Avignon porte en lui deux réputations. D’un côté les fans absolus et de l’autre ceux qui fustigent cette forme de manifestation. On entend, dans des milieux entendus, que ce serait la superette du théâtre. Comment, à une époque où la culture s’étiole, peut-on accuser le OFF de vulgariser le théâtre, de le dénaturer ? Le théâtre n’est-il pas fait pour le peuple, pour la rue ? Et bien c’est la mission du OFF.

Les rues d’Avignon sont investies pendant presque un mois, la cité se transforme. C’est comme une âme supplémentaire qui se fond dans celle de la ville pour lui donner une image toute particulière, le temps d’un mois de juillet. Avignon se pare alors de nouveaux atours. Les artistes se produisent dans les rues pour faire parler d’eux, à l’ancienne, pas de MARKETING 2.0, ici on se vend en live pour faire venir le chaland dans son théâtre. Et les rues sont envahies d’artistes en représentation, le bon et le moins « léché » se côtoient, et c’est parfois lunaire.

On y trouve toute forme de théâtre, tous styles d’artistes, les novices, les pleins d’espoirs, les confirmés, et tout ce monde se croise et trinque dans les différents bars et restaurants de la ville fortifiée, avant, pendant ou après les représentations. De nombreux évènements sont d’ailleurs organisés, de soirées électro dans des hôtels particuliers en concerts rock aux accents lyriques dans des lieux délirants, tout est possible.

C’est un privilège pour celui qui sait savourer ces instants suspendus qui n’existent nulle part ailleurs. Imité mais jamais égalé, le OFF est unique et c’est aussi pour cela que bon nombre de parisiens, artistes ou non, installent leurs quartiers d’été dans le Vaucluse. (Bien entendu, les visiteurs de France et de Navarre sont les bienvenus ; tout le monde cohabite sans aucun préjugé)

Avec des tarifs qui peuvent parfois freiner, chacun y trouve son compte finalement (les petits budgets vivront quand même le festival, sans forcément aller voir une pièce, mais à même la rue). N’oublions pas que les artistes travaillent dur et que sans eux, un festival n’est rien, ni le festival d’Avignon, IN et OFF, ni les autres.

 

Raphaël Gras (Avignon 84)

infos : www.festivaloffavignon.com